Il existe une statistique qui circule sur le handicap au Cameroun : celle selon laquelle quinze pour cent de la population est handicapée. Nous l'avons nous-mêmes utilisée par le passé. Nous avons arrêté, car nous ne pouvons pas en trouver la source.
Le chiffre que nous utilisons maintenant est plus restreint et vérifiable. Plus de 600 000 personnes au Cameroun sont malvoyantes, selon le Programme national de lutte contre la cécité, publié en 2014. C'est un chiffre propre à un programme national, il porte une date, et n'importe qui peut aller le consulter.
Nous le préférons pour une raison qui va au-delà de l'exactitude. Une organisation qui cite un grand nombre sans source demande à être crue. Une organisation qui cite un nombre plus petit et sourcé propose d'être vérifiée. Pour une association dont toute la revendication est que les femmes aveugles parlent pour elles-mêmes, être vérifiable n'est pas un détail.
La même règle s'applique à nos propres chiffres. Nous disons que nous avons été fondées lors d'une assemblée générale constitutive le 8 novembre 2019 avec vingt membres fondatrices, parce que c'est ce que montrent les archives. Nous disons que nous avons été enregistrées le 26 novembre 2021, numéro de récépissé 00000647, parce que c'est un document émis par l'État que vous pouvez vérifier sans nous. Nous disons que sept de nos huit dirigeantes officiellement enregistrées sont malvoyantes, en tant que total agrégé, et nous ne publions pas la liste complète.
Là où nous ne savons pas, nous le disons. Certains chiffres concernant nos membres ont été rapportés de quatre manières différentes dans quatre documents, tous étant vrais pour différents groupes à différents moments. Tant que nous ne pouvons pas dire quel groupe un nombre décrit, nous n'en publions aucun.
Un chiffre dont vous ne pouvez pas trouver la source n'est pas une preuve. C'est une décoration.