Le Cameroun a déposé sa ratification du Traité de Marrakech le 5 octobre 2021, et il est entré en vigueur le 5 janvier 2022. La loi nationale sur le droit d'auteur n'a jamais été modifiée pour s'y conformer.
Ainsi, convertir un livre en braille ou en audio nécessite encore l'autorisation de l'éditeur. Le Centre CAMAB est l'extrémité de production du même argument : manuels scolaires, textes juridiques sur les droits des personnes handicapées, et documents sur demande. Voir les photographies de ce travail
Le Cameroun a adhéré au droit de lire puis s'est arrêté net. Il a déposé sa ratification du Traité de Marrakech le 5 octobre 2021, et le traité est entré en vigueur pour le Cameroun le 5 janvier 2022. La loi nationale sur le droit d'auteur n'a pas été modifiée depuis. Dans le suivi international de la mise en œuvre des traités, le statut du Cameroun indique : ratifié, aucune réforme nationale.
L'écart a une conséquence précise. Le Traité de Marrakech existe pour que les organisations servant les lecteurs aveugles et empêchés de lire puissent créer et partager des copies accessibles sans demander d'abord l'autorisation du titulaire du droit d'auteur, et puissent s'envoyer ces copies au-delà des frontières. Rien de tout cela n'atteint un lecteur au Cameroun tant que la loi sur le droit d'auteur ne le dit pas. Aujourd'hui, convertir un manuel scolaire, une loi ou un dépliant de santé en braille ou en audio ici nécessite encore l'autorisation de l'éditeur, un titre à la fois.
Le Cameroun a déjà fait cela auparavant. La Loi N° 2010/002 sur la protection et la promotion des personnes handicapées a été signée le 13 avril 2010, et a attendu huit ans le décret qui l'a rendue opérationnelle. Ce décret n'a ensuite atteint que les titulaires d'une carte nationale de handicap certifiée à un taux d'incapacité permanente de 50 pour cent ou plus. Un droit qui existe sur papier et non entre les mains d'un lecteur est le schéma contre lequel CAMAB travaille, et Marrakech en est l'instance actuelle.
L'ampleur n'est pas mince. Plus de 600 000 personnes au Cameroun vivent avec une déficience visuelle, selon le chiffre de 2014 du Programme national de lutte contre la cécité. La plupart d'entre elles ne peuvent pas lire le braille, et parmi les rares qui le peuvent, les femmes sont rares. Combler l'écart ne créerait pas des lecteurs à lui seul. Il supprimerait l'étape d'autorisation qui se dresse entre eux et chaque livre qu'ils ne peuvent actuellement pas obtenir.
Le Centre CAMAB est l'autre moitié du même argument. Il est conçu pour produire du matériel dans des formats accessibles, et le jour où la loi change est le jour où ce travail cesse d'avoir besoin de la permission de quiconque.
Une association enregistrée de femmes camerounaises aveugles et malvoyantes, faisant progresser nos droits et améliorant nos conditions de vie. Enregistrée sous le N° 00000647, le 26 novembre 2021.
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